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Un radiateur qui claque n’est pas un radiateur cassé

Avatar de Vincent Laroque

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4 min de lecture 5,0 (22 avis)

Le bruit arrive toujours au mauvais moment : un claquement sec dans le radiateur du salon, un gargouillis dans celui de la chambre, juste quand on remet le chauffage après l’été. La première idée, c’est de se dire que l’appareil a rendu l’âme. Dans l’immense majorité des cas, il ne s’agit que d’air resté prisonnier du circuit.

Pourquoi l’air s’invite dans le chauffage

Un circuit de chauffage central fonctionne en boucle fermée : l’eau circule, chauffe, redescend, sans jamais se renouveler. Mais à chaque vidange, chaque appoint d’eau ou simple variation de température, une petite quantité d’air se glisse dans les tuyaux. Cet air remonte naturellement vers le point le plus haut de chaque radiateur, là où se trouve le petit robinet de purge. Résultat : l’eau chaude cogne contre cette poche d’air en circulant, et le radiateur chauffe mal, surtout en haut.

On reconnaît facilement le symptôme : le bas du radiateur est chaud, le haut reste froid, et des bruits de gargouillement ou de claquement se font entendre au démarrage de la pompe. C’est un signe d’entretien à faire, pas une panne à réparer.

La purge, dans le bon ordre

La purge d’un radiateur se fait chauffage éteint, pompe arrêtée, avec une clé de purge (ou un simple tournevis plat selon le modèle) et un petit récipient pour récupérer l’eau. On commence toujours par le radiateur le plus bas de la maison, puis on remonte étage par étage, pour laisser l’air chassé s’évacuer sans se retasser plus haut dans le circuit.

  • On ouvre légèrement la vis de purge, sans la retirer complètement.
  • Un sifflement se fait entendre : c’est l’air qui s’échappe.
  • Dès qu’un filet d’eau continu et sans bulle sort, on referme aussitôt.

Il ne faut jamais forcer sur la vis : un joint abîmé se remplace facilement, un corps de robinet cassé beaucoup moins. Un vieux torchon posé au sol évite aussi les traces d’eau calcaire sur le parquet ou le carrelage, surtout la première fois qu’on fait ce geste et qu’on n’a pas encore le coup de main pour refermer vite.

Distinguer la purge d’un vrai problème de tuyauterie

Tous les bruits de chauffage ne se règlent pas à la clé de purge. Un cognement sourd et régulier dans les cloisons, qui suit le trajet des tuyaux plutôt que de venir du radiateur lui-même, évoque plutôt une dilatation du métal au contact de l’eau chaude, un phénomène normal dans une maison ancienne mais qui peut aussi trahir un collier de fixation desserré. Un sifflement continu et aigu, lui, vient presque toujours d’un robinet thermostatique mal réglé ou d’une vanne trop fermée qui force le débit d’eau. Ces deux bruits-là ne disparaissent pas avec une purge, et il vaut mieux ne pas s’obstiner à ouvrir et refermer la vis en espérant un résultat qui ne viendra pas.

Rétablir la pression du circuit

Purger fait naturellement baisser la pression du circuit, puisqu’on en évacue de l’eau avec l’air. Sur une chaudière individuelle, un manomètre affiche cette pression : elle doit généralement se situer entre 1 et 1,5 bar à froid, selon les repères indiqués par le fabricant sur l’appareil lui-même. Si l’aiguille tombe sous le seuil bas indiqué, un robinet de remplissage permet de réinjecter de l’eau jusqu’à revenir dans la zone correcte, puis on referme immédiatement.

C’est un geste d’entretien courant, que l’ADEME recommande de vérifier chaque année avant la remise en route du chauffage, au même titre que le dépoussiérage des grilles et le dégagement des meubles posés devant.

Quand ce n’est plus une histoire de purge

Si la purge et la remise à pression ne suffisent pas, si le bruit revient chaque semaine ou si la pression chute à nouveau en quelques jours, le circuit a probablement une fuite quelque part, ou la chaudière elle-même a besoin d’un réglage que seul un professionnel peut effectuer. Un chauffagiste vérifiera aussi l’état du vase d’expansion, souvent en cause quand la pression ne tient jamais.

Ce réflexe d’entretien régulier, comme celui qu’on retrouve dans l’organisation du quotidien en cuisine, évite la plupart des visites en urgence : un geste simple, fait au bon moment, avant que le petit bruit ne devienne un vrai problème.


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