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L’indice UV décide de la protection, pas la saison

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6 min de lecture 4,0 (42 avis)

Un ciel voilé en avril, une randonnée en montagne fin mai, une journée de ski au soleil : on baisse la garde parce que le calendrier dit que ce n’est « pas encore l’été ». C’est pourtant l’indice UV du moment, pas la date sur le calendrier, qui détermine le risque réel pour la peau.

Ce que mesure vraiment l’indice UV

L’indice UV est une échelle qui va généralement de 1 à 11 et plus, calculée à partir de la quantité de rayonnement ultraviolet qui atteint le sol à un moment et un endroit donnés. Il dépend de la hauteur du soleil dans le ciel, donc de l’heure et de la saison, mais aussi de l’altitude, de la couverture nuageuse et de la nature du sol environnant. Un indice de 3 ou plus signale déjà un risque réel pour une peau non protégée exposée plusieurs dizaines de minutes.

Pourquoi le ciel couvert ne protège pas comme on le croit

Un ciel gris ou voilé laisse penser que le rayonnement est nettement atténué. En réalité, les nuages fins et la brume ne filtrent qu’une petite partie des ultraviolets, qui traversent la couverture nuageuse bien plus que la lumière visible. C’est ce qui explique les coups de soleil pris par temps « pas si ensoleillé », souvent plus sévères parce que l’absence de sensation de chaleur intense retarde le réflexe de protection.

L’altitude et la réverbération, deux multiplicateurs

En montagne, l’air plus fin filtre moins les ultraviolets : l’exposition augmente sensiblement tous les mille mètres d’altitude gagnés, ce qui explique pourquoi un coup de soleil arrive plus vite en randonnée qu’au bord de mer à la même heure. La réverbération ajoute encore à ce phénomène : la neige renvoie une très large part du rayonnement reçu, le sable et l’eau claire également dans une moindre mesure. Une personne à l’ombre d’un parasol, en bord de mer, continue donc de recevoir une exposition non négligeable simplement renvoyée par le sable environnant.

Indice UV Durée d’exposition raisonnable sans protection Protection recommandée Erreur courante
1 à 2 (faible) Exposition prolongée possible pour la plupart des peaux Lunettes de soleil par grand ciel clair Négliger totalement la protection dès qu’il fait frais
3 à 5 (modéré) Quelques dizaines de minutes pour une peau claire Chapeau, vêtements couvrants, crème sur les zones exposées Penser que « ce n’est pas encore l’été »
6 à 7 (élevé) Risque de coup de soleil en moins de trente minutes Ombre aux heures chaudes, protection renouvelée Rester en plein soleil entre midi et seize heures
8 à 10 (très élevé) Risque de coup de soleil en quinze minutes environ Ombre stricte, chapeau large, vêtements longs Croire qu’une seule application suffit pour la journée
11 et plus (extrême) Risque de coup de soleil en quelques minutes Éviter l’exposition directe aux heures les plus fortes Sous-estimer le risque en altitude ou sur la neige

Toutes les peaux ne réagissent pas au même indice

Un même indice UV de 6 n’expose pas de la même façon une peau claire, qui rougit en quelques minutes, et une peau naturellement plus foncée, qui tolère une exposition plus longue avant les premiers signes de coup de soleil. Cette différence de sensibilité ne dispense jamais de protection : elle décale simplement le délai avant l’apparition des dommages visibles, sans réduire les effets à long terme sur la peau, qui s’accumulent indépendamment de la rapidité avec laquelle un coup de soleil se déclare. Les enfants, dont la peau est plus fine et les mécanismes de défense encore immatures, méritent une vigilance renforcée quel que soit leur teint, avec un chapeau et des vêtements couvrants privilégiés à la crème seule dès que l’indice dépasse 3.

Les fenêtres et les vitres de voiture, une fausse protection

Une vitre classique bloque une partie des ultraviolets responsables des coups de soleil, mais laisse passer une autre catégorie de rayons qui pénètrent plus profondément dans la peau sans provoquer de rougeur immédiate. C’est ce qui explique qu’un long trajet en voiture, bras posé contre la vitre du côté ensoleillé, ou une après-midi entière près d’une baie vitrée, exposent la peau sur la durée sans qu’aucun signe d’alerte ne prévienne au moment même. Ce mécanisme concerne aussi bien la conduite régulière que le temps passé près d’une fenêtre au bureau ou à la maison, un exemple de plus où l’absence de sensation de brûlure ne veut pas dire absence d’exposition.

Le renouvellement, plus important que le premier geste

Appliquer une protection le matin et considérer la journée réglée est l’erreur la plus fréquente. La transpiration, les frottements de vêtements, la baignade et le simple temps qui passe réduisent l’efficacité d’une protection appliquée plusieurs heures plus tôt. Un renouvellement toutes les deux heures environ, et systématiquement après une baignade même avec un produit annoncé résistant à l’eau, reste le seul moyen de maintenir une protection réelle sur une journée complète en extérieur.

Où consulter l’indice avant de sortir

L’indice UV du jour est publié quotidiennement par les services météorologiques et peut se consulter aussi facilement que la météo du lendemain. Prendre l’habitude de le regarder, au même titre que la température annoncée, permet d’ajuster la protection avant de partir plutôt que de la découvrir a posteriori sur une peau qui a déjà rougi. L’Anses recommande d’ailleurs de tenir compte de cet indice pour adapter le comportement au soleil, tout au long de l’année et pas seulement l’été.

Les zones qu’on oublie systématiquement

Le haut des oreilles, la nuque dégagée par une coiffure attachée, le dessus des pieds en sandales, les lèvres : ces zones reçoivent une exposition directe et sont pourtant les dernières auxquelles on pense au moment d’appliquer une protection. Elles sont aussi, pour certaines, plus fines et donc plus sensibles qu’on ne l’imagine, ce qui explique des coups de soleil localisés qui surprennent chaque année les mêmes personnes aux mêmes endroits.

Cette idée qu’un repère objectif vaut mieux qu’une impression se retrouve aussi dans le choix d’un hébergement selon son classement officiel plutôt que son apparence : dans les deux cas, un indice fiable protège mieux qu’une estimation à l’œil, aussi expérimentée soit-elle.


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